Certains diront que c'est une technique de fille, d'autres diront que c'est par pur esthétisme qu'elle est employée,
enfin quelques uns diront qu'elle est
salvatrice et puissante. La lolotte est une philosophie chez nous, Lotois. En effet, probablement au départ c'est une astuce plutôt féminine, car bien moins physique que nous les hommes (si
si en général c'est le cas...), ces demoiselles ont trés vite l'idée, que dis je, la finesse de pivoter le bassin pour créer une superbe opposition de force entre les appuis permettant
ainsi de compenser ce défaut musculaire évident. Et il est vrai que l'homme, bien moins réfléchi au début de son apprentissage, préfère bourriner, bien de face, souffrir, à la limite de la
rupture des fléchisseurs des doigts, se sentant toujours plus fort quand ses "bouteilles" sont énormes. Mais, force est de constater que ces crevettes femelles se déhanchent magnifiquement bien,
et passent
dans des
niveaux que les plus bourrins d'entre nous commençaient à ressentir comme une limite physique. Et la lumière fût ! Oui, pourquoi ne pas utiliser cette méthode afin de tâter des niveaux supérieurs
dans lesquels le simple muscle ne suffit plus?? C'est donc un peu plus tard dans son apprentissage que le grimpeur mâle s'essaye à lolotter. J'entends certains encore dire qu'il est necessaire de
faire une ablation de la rotule, ou bien que ce sont les genoux qui sont forcément dégénérés pour obtenir une vraie lolotte. Et bien non, la lolotte c'est dans la tête qu'elle naît, même si le
placement initial n'est pas toujours évident! Depuis dans notre campagne des experts lolottois (ouah elle est belle celle là !) existent. Des maîtres en la matière qui ne sont satisfait
que si chaque voie
comporte sa demie
douzaine de lolotte. Cette technique jubilatoire par son efficacité redoutable et son esthétisme évident permet de tenir des règlettes même trés éloignées (trop éloignées parfois) grâce à la
compensation de puissance des appuis. Ainsi la voie, le crux, se révèle et prend une ampleur différente donnant ainsi l'impression d'une subtile randonnée. La simple ascension physique est
dépassée par un enchaînement technique, délicat et précis, oubliant la force et la compression des prises tel un serre joint, le grimpeur grandit dans son effort et va chercher plus loin, plus
haut, plus longtemps. Quelle jubilation de sentir se verrouiller vos appuis et d'y appliquer une poussée énorme libérant ainsi une des deux saisies. La lolotte permet donc de randonner une
voie, alors que sans cette méthode, l'enchaînement était proche de l'épuisement. Bien évidemment ceci est valable pour tous les niveaux de voies et en rapport avec les "performances" propres a
chacun. Au palmarès local du pays de la lolotte, nous avons ici deux maîtres incontestés:_ dieu lui même, à savoir François Tournois, qui pour les non-connaisseurs de la lolotte et autres
bourrinous, semble voler pendant ses ascensions, déconcertant de facilité et de placement, même dans des niveaux trés élevés._ et un de ses apôtres Patrick Moissinac (dit "le haut
Quercynois") qui lui, lolotte tellement qu'on se demande si ne le fait pas dans sa voiture pendant les longs trajets pour moins s'épuiser. D'ailleurs si vous avez la (rare) chance de passer
dans une de ses voies en SAE, oubliez votre face et mettez vous directement à l'égyptienne, de profil...
Je dedie ce texte aux "cuvettards" qui "bourrinent et jettent" à foison, pensant que l'espèce lotoise à le genou articulé dans les 3 dimensions
de l'espace.
A bientôt et vive les "lolottois"